Normandie: le prix de la liberté


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Avec "le prix de la liberté" Raymond Ruffin a voulu que le sacrifice des normands ne soit pas oublié. Sans doute parce que ses racines normandes furent imprégnées par le sang de tous ses concitoyens fauchés dans l'hécatombe son ouvrage retrace ce que furent, durant les trois mois de combat, le martyr des Normands et l'engagement patriotique de leurs valeureux résistants.
Des résistants dont le rôle sera qualifié de "primordial" par plusieurs chefs alliés, en soulignant également l'attitude courageuse, parfois audacieuse, de braves gens n'ayant aucun lien avec les organisations ou les groupes patriotiques mais qui, spontanément, apportérent leur concours aux armées de libération.

Le but du "Prix de la Liberté n'est pas de relater en détail les différentes phases de la bataille de Normandie, mais de démontrer quel fut l'apport de la résistance locale et de quel prix la population du pays dut payer sa libération. La population normande dut en effet, subir un véritable calvaire, confrontée jour et nuit, durant près de trois mois, aux terrifiants bombardements, à la fureur des combats et aux exactions de la soldatesque hitlérienne.

Ecrire un tel ouvrage n'allait pas de soi. Il est le fruit de 25 ans de recherches sur le terrain, d'enquêtes difficiles, de confrontations, de tours de table, de vérifications et de dépouillement d'archives publiques, privées, ou de consultations d'articles et d'écrits de l'époque. Cette  énorme documentation a permis à Raymond Ruffin de constituer une quarantaine de dossiers régionaux rassemblant des centaines de témoignages certifiés par la méthode dite: "du triangle". (La méthode dite "du triangle" consiste à rejeter impitoyablement, même si sa valeur est indéniable, tout témoignage qui ne peut être corroboré par deux autres).

 

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Ed. Cheminements                                                      Ed. Presses de la Cité


L'ouvrage, initialement publié aux Presses de la Cité, a fait l'objet d'une réédition aux Editions Cheminements.


Interview de Raymond Ruffin pour France 3 Caen à propos de son livre "Le prix de la liberté".

 
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La bataille de Normandie

La bataille de Normandie se déroule entre juin et août 1944. Elle permet aux alliés d’ouvrir un nouveau front en Europe, face aux troupes allemandes. Elle débute le 6 juin 1944  — le jour J — par le débarquement et le parachutage des premières troupes alliées sur et aux abords des plages de l'ouest du Calvados et de l'est du Cotentin pour finir entre le 19 (premières unités alliées traversant la Seine) et le 21 août (fermeture de la poche de Falaise) ouvrant  la voie à la Libération de paris le 25 août .Certains historiens considèrent que la bataille de Normandie s'achève le 12 septembre avec la libération du Havre.
 - voir la vidéo du débarquement: http://www.archive.org/details/DDayMinu1945
 
et: http://www.2gm-normandie.com/accueil.php

Si le débarquement fut bien préparé, il n'en fut pas de même pour la suite. La bataille de Normandie s'avère avoir été largement improvisée et cruelle
Dans beaucoup d'esprits, la bataille de Normandie ne fut qu'une formalité après le débarquement et les pertes d'Omaha la sanglante. Or ce fut tout le contraire, Le sol normand représenta pour les Alliés l'enlisement des combats, le jusqu'au-boutisme des Allemands, la violence, les atrocités d'une lutte sans pitié. Fraîchement débarqués ils durent faire face aux  divisions de Waffen-SS particulièrement aguerries et fanatisées, aux panzers plus performants que les chars américains ou britanniques et aux terribles canons antichars allemands.
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Sans l'appui de l'aviation, la bataille de Normandie aurait pu être perdue. Elle fut gagnée, en payant un lourd tribut tant chez les civils que chez les militaires, sans compter les villes et les campagnes détruites.

Les Normands étaient pris en tenaille . Ils craignaient en cas d'échec le retour des Allemands et les représailles. Ce qui ne les a pas empêché d'aider les parachutistes qui tombaient quelquefois dans des zones inondées par les Allemands où ils s'étouffaient dans leur toile.

   

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Sujet longtemps tabou, la souffrance des civils lors de la libération de la Normandie par les Alliés en 1944 fait progressivement surface depuis quelques années. Cette souffrance des civils a longtemps été masquée par l'image de la ferveur de Français accueillant à bras ouverts leurs libérateurs. Les habitants de la région semblent s'être montrés moins enthousiastes que les Parisiens, au moment de la libération de Paris en août 1944.
A partir des souffrances des civils, certains en viennent à mettre en cause la stratégie militaire alliée.
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A Omaha Beach
, en refusant de suivre la ligne de la côte, l'aviation a pris une décision lourde de conséquences. En venant directement de la mer, puis en attendant quelques secondes pour épargner leur propre camp, les avions alliées ont largué des masses de bombes à l'intérieur du pays, sur les villages et les fermes.Apparemment, 15.000 civils ont été tués pendant la seule phase du débarquement, au cours des opérations qui consistaient à détruire, en arrière du front, les ponts et les voies de communication sur la Seine et la Loire. Il faut y ajouter 20.000 morts durant la bataille de Normandie proprement dite: ce qui fait 35.000 victimes au total, soit davantage que pour les Anglo-canadiens (16 000) et que les américains (21 000).

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La destruction des villes normandes

 Il y a d’abord la longue litanie des villes bombardées avant le débarquement puis tout au long des combats.

 Il y eut aussi celles où les combats se déroulèrent avec une violence particulière. Les noms de Lisieux, Caen, Le Havre, Saint-Lô, Argentan, Avranches, Tilly sur Seulles ou Villers Bocage rappèlent autant de villes martyres. Malgré les tracts largués par l’aviation alliée, la population refusait souvent l'évacuation, préférant rester à proximité de ses biens. Dans d’autres cas, comme pour la poche de Falaise, la rapidité de l’avancée alliée a enfermé dans un piège mortel les réfugiés provenant de plusieurs régions françaises qui se croyaient à l’abri.
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La tactique visant à écraser des villes situées à des noeuds routiers a fait des ravages, Saint-Lô a été pratiquement rasée sans souci des civils. L'idée du haut commandement allié était d'infliger le maximum de pertes à l'ennemi pour réduire ses propres pertes le bombardement de Caen par les Britanniques était très proche du crime de guerre.  La polémique ne date pas d'aujourd'hui. Elle se jouait avant les bombardements entre Eisenhower et Churchill qui craignait un retournement de l'opinion des civils contre les Alliés. Paradoxalement, les généraux avaient peur de perdre de nombreux hommes dans cette bataille de Normandie, et c'est pour cela qu'ils intensifièrent les bombardements.C'est que pour les Américains la France était un territoire ennemi puisque occupé par l'Allemagne. Il s'agissait donc bien pour eux de l'envahir. Si les Britanniques, plus proches, étaient au courant des souffrances des Français, les Américains ne faisaient pas de différence entre un ennemi et un pays occupé par l'ennemi.


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Le martyre de Saint LÔ..
Le 6 juin, la ville est bombardée. Anéantie par plus de 5.000 tonnes de bombes, elle est détruite à 90 % et devient la " capitale des ruines ". Saint-Lô était en effet un centre vital de communications et le PC du 84ème Korps de l'armée allemande. Lors du bombardement du 6, la prison est écrasée, causant la mort de 42 résistants dont le sous Préfet de Cherbourg, Lionel Audigier. Au matin du 7, Saint-Lô n'est plus que ruines  mais est toujours contrôlée par les allemands qui en font un point de résistance à l'avancée américaine.  Le 12 juillet, les soldats américains sont arrêtés sur les hauteurs entourant la ville et le long de la route reliant Saint-Lô à Lessay. Le 17 juillet, les américains s'emparent de Pont-Hébert  et occupent les collines dominant Saint-Lô. Le 18 juillet, le 115ème régiment américain entre dans la ville au prix de pertes sévères. Les combats vont se poursuivre dans les ruines pendant une semaine. Le 25 juillet, le Général Bradley lance l'opération Cobra : le front de la Panzer Lehr au sud de la route Périers-Saint-Lô est écrasé sous un tapis de bombes (Carpet Bombing). Alors qu'ils ont prévu de prendre la ville une semaine après le débarquement, les américains n'y pénètrent que 43 jours plus tard. Mais cette victoire difficile va permettre au Général Patton  de se lancer à partir du 26 à la conquête d'Avranches. En arrivant par la route de Bayeux, le visiteur d'aujourd'hui arrive sur un rond point où un buste de bronze rend hommage au major Howie et aux milliers de G.I. qui ont lutté pour la libération de la ville.


Et celui de Caen
Durant les deux premiers jours de bombardements et les pilonnages de la marine, 800 personnes moururent à Caen et plusieurs milliers furent blessés. Les soldats alliés ont été les premiers choqués par la destruction des villes et  en furent quelquefois eux-mêmes les victimes. Eisenhower, Bradley et Montgomery n'avaient pas prévu que la précision des bombardiers américains avait été largement surestimée. 

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 Nombre de civils tués par département :
 Calvados  8 100
 Manche 3 700
 Orne  2 100
 Eure     900
 Seine-Maritime 4 850




http://www.2gm-normandie.com/histoire.php?part=51000&mode=video&content=153

Les films de Leon Lecordier : Mortain (50) détruit


Mortain détruit : Le 7 août 1944, Mortain (50) fut le cadre d'une contre-attaque des Allemands repoussés vers le Sud de la Presqu'île du Cotentin. Un bombardement de la Luftwaffe et les tirs de l'artillerie américaine vont dévaster la petite cité connue pour son Abbaye Blanche. Léon Lecordier, agent d'assurance et expert agricole, passionné par l'image, filme la rue principale et les destructions qui ont touché la Collégiale, puis le Général De Gaulle lors de sa visite du 10 juin 1945.Archivs de Jacques Tesnière, ancien journaliste à Ouest-France et neveu de Léon Lecordier.






 


- L'apport de la population et de la résistance dans la  bataille de Normandie

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Maquisards et troupes régulières se concertent après le Débarquement de Normandie

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La population normande fête ses libérateurs.


carte-frontEn définitive, on peut considérer que  le martyre de la Normandie a sauvé la France. La Bataille de Normandie a duré cent jours. Cent jours de combat, de bombardements, qui vont détruire les villes normandes déjà durement touchées, ravager les campagnes et infliger aux populations une avalanche de souffrances, de misère, d'angoisse permanente et de mort. Peu d'historiens se sont penchés sur le sort des civils pris dans les tenailles d'un terrible affrontement.



 

 
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